ENTREPRISES PUBLIQUES EN DIFFICULTÉ

L’état opte pour des privatisations partielles

L’option d’une ouverture  du  capital  via  le  marché  boursier  concernera uniquement les entreprises en difficulté, nécessitant  des  recapitalisations cycliques, selon le ministre de l’Industrie.  

Le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali, a confirmé, avant-hier, la volonté de l’État de privatiser certaines de ces entreprises. Il s’agit, plus précisément, d’une ouverture du capital à travers la Bourse d’Alger, mais qui concernera uniquement les entreprises publiques nécessitant une recapitalisation cyclique.

L’annonce, il y a une semaine, de la fermeture des ateliers de l’Eniem (Entreprise nationale des industries de l’électroménager) pour cause de difficultés de trésorerie a fait ressurgir les vieux démons des années 1990 lorsque les entreprises publiques déposaient des bilans et envoyaient au chômage des milliers de travailleurs.

Les salariés de l’Eniem sont à nouveau sur le gril, tout comme ceux d’autres entreprises publiques qui barbotent dans une situation difficile, faute de financements. Le ministre de l’Industrie remet sur le tapis la question de l’ouverture du capital de certaines entreprises publiques ; une option pouvant les affranchir des opérations de recapitalisation permanente que leur assure l’État propriétaire.

Cette option s’inscrit dans le cadre de l’audit global du secteur industriel public, actuellement en cours, explique le ministre, précisant qu’il s’agit “de faire une étude globale du secteur public pour désigner ce qui est privatisable et pour fixer les conditions d’accès aux capitaux”.

Dans la foulée, Ferhat Aït Ali privilégie la piste d’une privatisation via le marché boursier, la qualifiant de “meilleure option”, étant donné qu’elle “permet aux épargnants algériens de refinancer le tissu industriel national réduisant ainsi le recours au Trésor public”.

Après avoir annoncé en début d’année l’intention du gouvernement d’asseoir une nouvelle stratégie industrielle, bâtie, entre autres, sur l’impératif d’affranchir le secteur public économique du concours permanent du Trésor, le ministre de l’Industrie était attendu sur cette réforme ou encore les choix retenus pour remettre les entreprises sur le chemin de la profitabilité. 

Ferhat Aït Ali vient de lever un pan du voile sur l’une des options retenues, mais précise, par la même occasion, que toutes les entreprises publiques ne seront pas logées à la même enseigne.

Les entreprises publiques bénéficiaires ne nécessitant pas un refinancement ne seront pas concernées par l’ouverture de leur capital, a souligné le ministre, avant-hier, en marge d’une réunion de travail avec les opérateurs publics et privés de la filière industrielle de l’électronique et de l’électroménager. 

Renflouer l’Enie et l’Eniem
Pour tenter d’offrir une meilleure perspective aux deux entreprises publiques du secteur, l’Enie et l’Eniem en l’occurrence, le ministre a annoncé la tenue d’une rencontre dimanche réunissant les responsables de ces deux entreprises ainsi que les représentants des établissements bancaires publics.

Le gouvernement veut poser les jalons de la fin des plans “d’urgence et conjoncturels” qui consistaient — jusque-là — à injecter de l’argent dans les entreprises publiques sans qu’aucun retour sur investissement soit garanti.

“Nous allons organiser une réunion pour rapidement trouver une solution, mais pas dans la précipitation, pour permettre à ces entreprises de présenter leurs plans d’action et les discuter avec les banques dans le cadre de la relance de l’activité sur le moyen et long terme”, a indiqué le ministre.

“Notre vision est que le secteur public doit bénéficier d’une relance et d’un financement mais cela sur des bases financières saines”, a-t-il souligné.

Un scénario logique dans la mesure où cette mise sous perfusion financière permanente des entreprises publiques n’est plus tenable à l’heure où les banques et le Trésor font face à une importante baisse des liquidités. 
 

Ali TITOUCHE

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